Spectacles Vivants

Le ciné-club de Pierre-Louis CEREJA – Sans toit ni loi

Auteur : Pierre-Louis CEREJA

Les grands cinéastes ne meurent jamais… Ils s’en vont comme Agnès Varda, partie le 29 mars de l’an dernier… Mais la réalisatrice de « Cléo de 5 à 7 » et de « Jacquot de Nantes » avait bien rendez-vous, en ce mois d’avril, avec les habitués du Ciné-Cycles du Palace. Ils devaient la retrouver pour « Sans toit ni loi » et se plonger dans sa « cinécriture », ce néologisme forgée par elle qui désignait le travail de cinéaste dans sa totalité…

C’est de mars à mai 1985 que Varda tourne « Sans toit ni loi » à Nîmes et dans les environs. Une jeune femme est retrouvée morte de froid près d’une vigne. C’est une vagabonde, Mona, cheveux raides de crasse et ongles en deuil. La cinéaste explique, off, avoir interrogé des gens qui l’ont rencontrée, pour reconstituer « les dernières semaines de son dernier hiver ».

Une alternance de flashbacks et de témoignages dessine alors, par fragments, le parcours sans but de Mona sur les routes de l’Hérault et du Gard, et son quotidien de débrouille, entre campements en rase campagne et petites mendicités pour obtenir de l’eau, du pain ou, parfois, un toit provisoire.

Couronné du Lion d’or à Venise, « Sans toit ni loi » est certainement l’une des meilleures portes d’entrée dans l’œuvre de Varda, le film où son style apparaît le plus clairement, dans une forme à la fois systématique et surprenante. Sa « cinécriture » est faite de grands et de petits gestes, de lignes générales et d’effets de détail. Pour incarner Mona, Varda hésita entre une véritable vagabonde ou… Sandrine Bonnaire. L’actrice a 17 ans et la cinéaste lui explique : « C’est une fille qui pue, qui dit merde à tout le monde et jamais merci. » Ensemble, elles feront un émouvant objet de cinéma et donneront un rare témoignage, dans le cinéma français de fiction, sur la grande pauvreté et la marginalité.

Accès au film (VOD)

https://boutique.arte.tv/detail/sans_toit_ni_loi

sans toit ni loi

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